Admissibilité agent cat C · dossier corrigé
Cas pratique : la relance des impayés (concours DGFiP, agent cat C)
Un cas pratique complet de l'admissibilité du concours d'agent administratif principal des finances publiques (cat C) : chaîne de relance d'un impayé, majoration de retard, état chiffré des créances à recouvrer et lettre de réponse à une usagère, avec corrigé-type et barème détaillé.
Épreuve réelle : 3 h · coefficient 2
Écrit d'agent du 29 septembre 2026. Cet exercice entraîne à l'ancien format : questions sur un dossier, calculs sur un tableau, lettre administrative. Il n'entraîne pas à produire le support de la partie 2. Le guide de l'ENFiP de juillet 2026 décrit cette partie comme un support de communication. Le sujet test officiel la présente comme un document visuel d'une page au maximum. L'arrêté dit « pouvant comporter » et « le cas échéant » : il ne fixe pas lui-même ce support. Le sujet à faire est le sujet test : https://rejoindrelesfinancespubliques.economie.gouv.fr/files/files/concours/Sujets_zero/CCC%20-%202026%20-%20sujet%20test%20-%20admissibilit%C3%A9.pdf Dossier 100 % synthétique, à visée pédagogique : le service, la commune, les noms, les numéros de dossier, les montants et les courriels sont fictifs et plausibles, et les notes de service internes sont écrites pour les besoins de l'exercice. En revanche, chaque règle de droit ou de procédure énoncée par ces documents est exacte et vérifiée (majoration de retard, mise en demeure de payer, sursis de paiement, délai de réclamation, remise gracieuse). Aucune annale ni aucun sujet officiel n'est repris.
Le sujet
Le dossier documentaire
5 documents à exploiter.
Note de service relative à la campagne de relance des créances non soldées (automne 2026)
Mesdames et Messieurs, la campagne de relance des créances non soldées du portefeuille « particuliers » s'ouvre le 1er octobre 2026. Je vous rappelle les règles qui la commandent. Premièrement, la date limite de paiement portée sur l'avis d'impôt correspond au terme du délai de quarante-cinq jours qui suit la mise en recouvrement du rôle. Deuxièmement, toute somme comprise dans un rôle et non acquittée à cette date limite donne lieu à une majoration de 10 %. Cette majoration concerne notamment l'impôt sur le revenu, les contributions sociales recouvrées comme l'impôt sur le revenu, les taxes foncières et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Troisièmement, pour les impôts de l'année courante, aucune majoration n'est appliquée avant le 15 septembre. Une créance dont la date limite de paiement n'est pas encore atteinte n'est donc ni majorée, ni relancée : elle n'est pas exigible, et la relancer serait une erreur de service. Quatrièmement, la majoration de 10 % est due de plein droit dès lors que la condition de retard est remplie ; elle n'a pas à être justifiée dossier par dossier. Un usager qui en conteste le principe doit être renvoyé vers la procédure de réclamation ; un usager qui en demande l'abandon sans en contester le principe doit être renvoyé vers la demande de remise gracieuse, qui relève d'une appréciation de l'administration et n'ouvre aucun droit acquis. Vous veillerez enfin à ce qu'aucune relance ne soit adressée à un usager ayant obtenu la suspension du paiement de la créance concernée.
Extrait de la procédure interne « Chaîne de relance et mesures préalables aux poursuites »
La chaîne de relance comporte trois étapes, dans cet ordre. Étape 1, la lettre de relance amiable : elle rappelle la créance, son montant, sa date limite de paiement et la majoration appliquée, et invite le redevable à régulariser sous quinze jours ou à prendre l'attache du service. Étape 2, la mise en demeure de payer : elle est notifiée lorsque la lettre de relance est restée sans effet ; elle interrompt la prescription de l'action en recouvrement et peut être contestée par le redevable. Étape 3, les poursuites : le comptable public compétent ne peut les engager qu'à l'expiration d'un délai de trente jours suivant la notification de la mise en demeure de payer. Ce délai est ramené à huit jours lorsque le redevable a déjà fait l'objet d'une défaillance de paiement antérieure. Trois précisions importantes. D'une part, le dépôt d'une réclamation contre l'impôt ne dispense pas de le payer : pour suspendre le paiement pendant l'instruction, le redevable doit formuler une demande expresse de sursis de paiement et, le cas échéant, constituer des garanties. D'autre part, aucune poursuite n'est engagée sur une créance couverte par un sursis de paiement en cours. Enfin, la réclamation contre une imposition doit être présentée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement du rôle : un usager qui conteste hors de ce délai voit sa réclamation rejetée comme tardive, quelle que soit la valeur de ses arguments.
Document 3 : état des créances non soldées du portefeuille « particuliers », arrêté au 30 septembre 2026
| Dossier | Nature de la créance | Montant restant dû (euros) | Date limite de paiement | Dernière action engagée |
|---|---|---|---|---|
| P-1042 | Impôt sur le revenu 2025 | 1 500 | 15 septembre 2026 | Aucune |
| P-1057 | Taxe foncière sur les propriétés bâties 2026 | 620 | 15 octobre 2026 | Aucune |
| P-1063 | Impôt sur le revenu 2025 | 2 400 | 15 septembre 2026 | Lettre de relance du 21 septembre 2026 |
| P-1078 | Contributions sociales 2025 (recouvrées comme l'impôt sur le revenu) | 480 | 15 septembre 2026 | Aucune |
| P-1091 | Impôt sur le revenu 2025 | 3 200 | 15 septembre 2026 | Mise en demeure de payer notifiée le 3 septembre 2026 |
| Total | 8 200 |
Les montants sont exprimés en euros et arrondis à l'euro. La colonne « montant restant dû » correspond au principal de la créance, avant application de toute majoration. La colonne « date limite de paiement » reprend la date portée sur l'avis d'impôt adressé au redevable. Le dossier P-1063 a fait l'objet d'une demande expresse de sursis de paiement, reçue au service le 25 septembre 2026 et en cours d'instruction. Aucun des redevables du portefeuille n'a fait l'objet d'une défaillance de paiement antérieure.
Courriel d'une usagère : « J'ai reçu une lettre de relance »
« Madame, Monsieur, je viens de recevoir une lettre de relance concernant mon impôt sur le revenu, dossier P-1063, pour un montant de 2 400 euros. Je ne comprends pas. J'ai déménagé en mars et je ne suis pas certaine d'avoir reçu l'avis à ma nouvelle adresse. Par ailleurs, je pense que cet impôt est trop élevé : un crédit d'impôt auquel j'ai droit ne me semble pas avoir été pris en compte, et j'ai l'intention de contester. Je vois aussi qu'une somme supplémentaire de 10 % m'est réclamée, ce que je trouve injuste puisque je n'ai pas reçu l'avis. Pouvez-vous me dire si je dois payer pendant que je conteste, comment je peux obtenir l'annulation de ces 10 %, et jusqu'à quand je peux déposer ma contestation ? Je précise que je peux régler une partie de la somme dès maintenant, mais pas la totalité. Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer mes salutations. Mme Aline Vasseur. »
Consigne de gestion : ordre de traitement des dossiers de la campagne
Pour ordonner le travail de la campagne, les agents appliquent les quatre règles suivantes, dans cet ordre de priorité. Règle 1 : une créance dont la date limite de paiement n'est pas atteinte est écartée de la campagne ; elle sera reprise à la campagne suivante. Règle 2 : un dossier couvert par un sursis de paiement en cours est mis en attente ; aucune relance ni aucune poursuite n'est engagée sur la créance concernée tant que la réclamation n'est pas tranchée. Règle 3 : un dossier déjà parvenu au stade de la mise en demeure de payer est traité en premier, dès l'expiration du délai ouvert par cette mise en demeure, puisqu'il est le plus avancé de la chaîne. Règle 4 : les dossiers restants sont traités par montant décroissant, le montant le plus élevé d'abord, afin de concentrer l'effort du service là où l'enjeu financier est le plus fort. Les agents mentionnent sur chaque dossier la règle qu'ils ont appliquée, afin que le chef de service puisse contrôler l'ordre retenu.
À traiter
Traitez les questions, puis rédigez la lettre. Révélez le corrigé ensuite.
Question 1. À partir du document 1, indiquez à quelle condition la majoration de 10 % est appliquée à une créance, à quelle date cette condition s'apprécie, et quelle limite de calendrier s'impose pour les impôts de l'année en cours. (4 pts)
Question 2. Le document 2 décrit la chaîne de relance. Énoncez ses trois étapes dans l'ordre, précisez le délai qui doit s'écouler après la mise en demeure de payer avant que des poursuites puissent être engagées, et indiquez dans quel cas ce délai est réduit. (4 pts)
Question 3. À partir des documents 1 et 3 : (a) identifiez les créances exposées à la majoration de 10 % au 30 septembre 2026 et justifiez l'exclusion de celle qui ne l'est pas ; (b) calculez le montant total de cette majoration ; (c) calculez le total à recouvrer sur le portefeuille, majoration comprise ; (d) calculez la part du portefeuille exposée à la majoration, en pourcentage du montant total. (6 pts)
Question 4. Mme Vasseur pose quatre questions dans son courriel (document 4) : doit-elle payer pendant qu'elle conteste, comment obtenir l'annulation de la majoration de 10 %, jusqu'à quand peut-elle déposer sa contestation, et que faire du fait qu'elle ne peut régler qu'une partie de la somme. En vous appuyant sur les documents 1, 2 et 3, indiquez ce qu'il convient de lui répondre sur chacun de ces points. (4 pts)
Question 5. En appliquant la consigne de gestion (document 5) à l'état des créances (document 3), établissez l'ordre dans lequel les dossiers doivent être traités au 1er octobre 2026, et indiquez pour chacun la règle appliquée. (2 pts)
Lettre administrative. À la suite du courriel de Mme Vasseur (document 4), votre chef de service vous demande de rédiger la lettre de réponse, sous le timbre du SIP de Bourg-la-Rivière. En vous appuyant uniquement sur le dossier, la lettre doit : accuser réception de son message et confirmer la prise en compte de sa demande de sursis de paiement ; lui indiquer que le dépôt d'une réclamation ne dispense pas de payer et ce que le sursis change ; distinguer clairement la voie de la réclamation et celle de la remise gracieuse pour la majoration de 10 %, sans promettre d'issue ; lui donner le délai dont elle dispose pour réclamer ; lui confirmer qu'un versement partiel est possible et l'inviter à prendre l'attache du service pour le solde. Respect des codes de l'écrit administratif ; vouvoiement systématique.
Méthode — la lettre administrative
Structure
- Timbre (en-tête) en haut à gauche : direction, service émetteur, affaire suivie par, téléphone.
- Lieu et date en haut à droite. La date est celle de la signature de la lettre, non celle du courriel reçu.
- Mentions du destinataire : « Le chef du service à Madame ... ». L'administration s'adresse de fonction à personne.
- Références : le numéro du dossier et la date du message auquel il est répondu, pour que l'usagère retrouve immédiatement son affaire.
- Objet : un résumé en quelques mots, par exemple « Objet : votre situation au regard de l'impôt sur le revenu 2025 ».
- Formule d'appel : « Madame, » seule, suivie d'une virgule. Ni « Chère Madame », ni « Madame Vasseur ».
- Corps en paragraphes ordonnés, une idée par paragraphe, suivant l'ordre des questions posées par l'usagère.
- Formule de politesse reprenant exactement la formule d'appel.
- Signature : la qualité du signataire, le chef de service, et non le nom de l'agent rédacteur.
Codes
- Neutralité et objectivité : des faits et des règles, pas d'opinions ; ton impersonnel ; aucun commentaire sur la situation personnelle de l'usagère.
- Courtoisie constante, y compris face à un usager qui juge une décision injuste : on explique, on ne se défend pas.
- Clarté et précision : phrases courtes, une idée par paragraphe, montants, dates et délais exacts.
- Respect : vouvoiement systématique, considération pour l'usagère.
- Responsabilité : la lettre engage le service ; n'écrire que ce que le dossier permet d'affirmer, et rien de plus.
- Complétude : chaque question posée par l'usagère reçoit une réponse, et aucune n'est oubliée en chemin.
- Prudence sur l'issue : on informe sur la procédure, on ne préjuge jamais de la décision qui sera prise.
Erreurs à éviter
- Promettre l'annulation de la majoration ou l'octroi du sursis de paiement : la lettre informe, elle ne décide pas.
- Confondre la réclamation (contester le principe de l'imposition ou de la majoration) et la remise gracieuse (en demander l'abandon).
- Laisser entendre que le non-reçu de l'avis après un déménagement efface la majoration.
- Oublier l'une des quatre questions posées dans le courriel.
- Se tromper de délai : la réclamation est recevable jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement, soit ici le 31 décembre 2028.
- Répondre sur un ton défensif ou polémique au reproche d'injustice.
- Renvoyer l'usagère vers une démarche sans lui dire comment l'accomplir ni auprès de qui.
- Négliger la mise en forme : objet, références, formule d'appel, formule de politesse et signature font partie de la note.
Le corrigé-type
Corrigé des questions et modèle de lettre administrative.
À vous de jouer
Avant de lire le corrigé, lancez-vous : posez votre problématique, votre plan, puis rédigez. Tentez aussi l'avis argumenté. On n'apprend la note de synthèse qu'en la produisant — le corrigé n'a de valeur que confronté à votre propre essai.
Ce que le jury valorise
Les réflexes qui font la différence le jour J.
Repérer la commande avant de lire le dossier
Le courriel de l'usagère (document 4) contient quatre questions, et la lettre sera notée sur sa capacité à y répondre toutes les quatre. Le réflexe payant consiste à les numéroter au brouillon dès la première lecture, puis à cocher chacune une fois traitée. Une copie complète et simple vaut mieux qu'une copie brillante qui oublie un point.
Le piège du dossier : la créance non échue
Le portefeuille compte cinq créances, mais une seule n'est pas exigible au 30 septembre 2026 (P-1057, date limite au 15 octobre). La faire entrer dans l'assiette de la majoration fausse tous les calculs qui suivent et révèle une lecture trop rapide du tableau. Avant de calculer, vérifiez ligne à ligne la colonne « date limite de paiement » : c'est elle qui commande.
Poser les calculs et les vérifier autrement
Le jury note le résultat, mais aussi le chemin. Écrivez l'assiette (7 580 euros), l'opération (multiplication par 0,10), puis vérifiez par une seconde méthode : 150 + 240 + 48 + 320 = 758 euros. Deux méthodes concordantes sur un même résultat éliminent l'erreur d'étourderie, qui est la faute la plus coûteuse de l'épreuve parce qu'elle se propage aux questions suivantes.
Appliquer une consigne dans son ordre, pas dans son esprit
La consigne de gestion (document 5) numérote ses règles, et cette numérotation est la réponse. Le dossier P-1063 est le deuxième du portefeuille par le montant, mais la règle 2 (sursis de paiement) s'applique avant la règle 4 (montant décroissant) : il est mis en attente. Un candidat qui classe par montant sans voir la hiérarchie des règles perd les points de la question, même si son raisonnement financier est juste.
Distinguer réclamation et remise gracieuse
C'est la distinction de fond du dossier, et elle se joue en une phrase : on réclame contre ce qui n'est pas dû, on demande gracieusement l'abandon de ce qui est dû. Confondre les deux conduit à promettre à l'usagère un droit qu'elle n'a pas. La bonne copie informe sur les deux voies, explique laquelle correspond à quelle situation, et ne préjuge d'aucune décision.
Ce que la lettre ne doit jamais faire
Ne promettez pas d'issue favorable, ne vous justifiez pas, ne répondez pas au reproche d'injustice par un argument défensif. L'usagère écrit qu'elle trouve la majoration injuste : la lettre lui explique le mécanisme, lui ouvre les voies de recours, et s'arrête là. La neutralité n'est pas de la froideur : c'est la forme que prend le respect dans un écrit administratif.
Maîtrise de la langue
Orthographe, accords, ponctuation et vouvoiement constant sont notés en continu sur toute la copie, questions comprises. Les montants s'écrivent avec une espace comme séparateur de milliers (2 400 euros) et le mot « euros » ne s'abrège pas dans un écrit administratif. Des phrases courtes valent mieux que des tournures alambiquées.
Gestion du temps sur 3 heures
Répartition conseillée : environ 30 minutes de lecture et d'annotation du dossier, 1 heure pour les cinq questions en gardant le calcul pour un moment de pleine concentration, 1 heure pour la lettre (plan au brouillon, puis mise au propre), et 20 à 30 minutes de relecture ciblée sur l'orthographe, les chiffres et l'oubli éventuel d'un point. La lettre pèse lourd : ne la commencez pas à 20 minutes de la fin.
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