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Admissibilité contrôleur cat B · dossier corrigé

Analyse de dossier : relation aux usagers et accueil (concours de contrôleur DGFiP)

Un dossier d'entraînement complet à l'épreuve écrite n° 1 du concours externe de contrôleur des finances publiques : six documents sur l'accueil des usagers et la relation de service, cinq questions dont une d'avis argumenté, et le corrigé question par question avec les attentes du jury.

Épreuve réelle : 3 h · coefficient 4

Dossier 100 % fictif, à visée pédagogique : la direction, le programme d'engagements, les chiffres et les personnes qui y figurent sont inventés et plausibles, conçus pour reproduire la matière d'un sujet de concours. Aucune annale n'est reproduite et aucune citation n'est attribuée à une source réelle. En revanche, les règles de droit décrites dans les documents sont exactes et vérifiables : code des relations entre le public et l'administration, livre des procédures fiscales, code général des impôts, BOFiP.

La consigne

Épreuve écrite d'admissibilité n° 1 du concours externe de contrôleur des finances publiques de 2e classe (durée : trois heures ; coefficient 4). L'arrêté du 19 mai 2011 modifié par l'arrêté du 1er juillet 2024 dispose : « Cette épreuve consiste pour le candidat à répondre à des questions, à partir d'un dossier documentaire, sur un sujet contemporain en matière sociale, économique ou financière. L'une des questions conduira le candidat à présenter un avis argumenté. Pour cette épreuve, le dossier documentaire ne peut excéder vingt pages. » Vous répondrez aux cinq questions posées à partir du seul dossier joint, à l'exclusion de toute connaissance personnelle, sauf pour la question 5 qui vous autorise à vous en écarter. Chaque réponse doit être numérotée et se suffire à elle-même : ne fondez pas vos réponses en un texte continu. Le barème indicatif est donné question par question.

Les questions

Barème indicatif sur 20 points. Répondez à chaque question séparément, à partir du seul dossier.

  1. Question 1. À partir du document 1, présentez les trois engagements que le programme fixe aux services d'accueil et l'indicateur retenu pour chacun. (3 pts)

  2. Question 2. Confrontez les données du document 2 et l'analyse du document 3. Portent-ils la même appréciation de la généralisation de la réception sur rendez-vous ? (4 pts)

  3. Question 3. À partir des documents 4 et 5, analysez en quoi le droit à l'erreur et les dispositifs de régularisation modifient la relation entre le service et l'usager, et quelles limites le dossier leur reconnaît. (5 pts)

  4. Question 4. Le document 6 confirme-t-il, nuance-t-il ou contredit-il les constats du document 2 ? Justifiez votre réponse. (3 pts)

  5. Question 5. Selon vous, la réception sur rendez-vous doit-elle devenir le mode d'accueil de droit commun, ou un accueil sans rendez-vous doit-il être maintenu ? Présentez un avis argumenté. Cette question est la seule de l'épreuve qui vous autorise à vous écarter du dossier : vous pouvez mobiliser un raisonnement propre, à condition de le dire et de rester vérifiable. Les quatre premières questions se traitent à partir du seul dossier. (5 pts, avis argumenté)

Le dossier documentaire

6 documents à exploiter.

1Texte de cadrage administratif

Note de cadrage de la direction départementale des finances publiques du Val-de-Sèvre présentant le programme d'engagements « Accueil 360 »

Le programme d'engagements « Accueil 360 » organise la relation aux usagers autour de quatre canaux tenus pour équivalents en droit, mais distincts en usage : l'accueil physique, en site ou en point d'accueil partagé ; le téléphone, par un centre de contact mutualisé ; la messagerie sécurisée de l'espace personnel ; le courrier, qui demeure le canal de droit et reste ouvert sans condition. Le programme retient trois engagements, chacun assorti d'un indicateur unique et publié. Premier engagement : la joignabilité. Tout usager doit pouvoir entrer en relation avec un interlocuteur compétent sans délai déraisonnable, quel que soit le canal qu'il choisit. L'indicateur retenu est le taux d'appels aboutis, c'est-à-dire la part des appels reçus par le centre de contact auxquels un agent a effectivement répondu. Deuxième engagement : la réponse au fond, dans un délai annoncé. Une réponse doit être apportée à toute demande écrite dans un délai de quinze jours ouvrés, et cette réponse doit traiter la question posée, non accuser réception d'un traitement à venir. L'indicateur retenu est le taux de réponses complètes à quinze jours ouvrés, mesuré par sondage sur un échantillon de demandes closes. Troisième engagement : le traitement de la réclamation. Tout usager qui conteste une décision ou la manière dont son dossier a été traité doit obtenir une réponse motivée et être informé des voies de recours ouvertes. L'indicateur retenu est le délai médian de traitement des réclamations enregistrées. Le programme pose deux principes d'organisation. Le premier est que le canal ne détermine pas le droit : l'usager qui se présente sans rendez-vous ne peut se voir opposer un refus de principe, même si l'orientation vers un créneau ultérieur est possible. Le second est que la réponse doit être apportée au premier contact chaque fois que la question le permet ; le renvoi vers un autre canal, un autre service ou un autre rendez-vous doit rester l'exception et être motivé auprès de l'usager. Le programme précise la manière dont ces engagements se mesurent. Les trois indicateurs sont publiés chaque trimestre et commentés en réunion de service ; aucun d'eux n'est pondéré ni agrégé en note globale, afin qu'un résultat favorable sur l'un ne masque pas un résultat dégradé sur un autre. Le programme prévoit que la mesure porte sur des contacts effectivement aboutis, faute de quoi le calcul serait faussé par les tentatives interrompues pour des raisons extérieures au service ; il reconnaît lui-même que cette convention laisse hors du champ les usagers qui renoncent, et renvoie ce point à une réflexion ultérieure. La généralisation de la réception sur rendez-vous, engagée dans tous les sites du département, procède de la même logique. Elle vise à ce que l'agent dispose du dossier avant l'entretien et puisse traiter la demande au fond, plutôt que de recevoir sans préparation des usagers dont il découvre la situation à l'instant où il les reçoit. La prise de rendez-vous est ouverte en ligne, par téléphone et sur place. La note rappelle enfin que ces engagements sont des engagements de service, et non des règles de droit. Ils s'ajoutent aux garanties que l'usager tient des textes, qui, elles, sont opposables : ils ne s'y substituent pas et ne sauraient être invoqués pour en restreindre la portée.

2Données chiffrées

Tableau de suivi des indicateurs d'accueil de la direction départementale, trois derniers exercices

Les données transmises par le service de pilotage portent sur les trois derniers exercices, le troisième étant le premier exercice complet depuis la généralisation de la réception sur rendez-vous dans les sites du département. La fréquentation physique des sites serait passée de 412 000 à 268 000 visites, soit un recul de 35 %. Dans le même temps, la part des visites précédées d'une prise de rendez-vous serait passée de 21 % à 79 %. Le taux d'appels aboutis au centre de contact s'établirait à 71 %, contre 58 % deux exercices plus tôt. Le volume d'appels reçus aurait en revanche progressé de 24 % sur la période, et la durée moyenne d'un appel traité serait passée de 4 minutes 10 à 6 minutes 45. Le taux de réponses complètes à quinze jours ouvrés serait de 82 %, en progression de neuf points. Le délai médian de traitement des réclamations serait de 21 jours, contre 34 deux exercices plus tôt. La satisfaction déclarée des usagers ayant bénéficié d'un rendez-vous s'établirait à 4,3 sur 5. Celle des usagers s'étant présentés sans rendez-vous serait de 2,8 sur 5. L'enquête ne serait toutefois administrée qu'au terme d'un contact abouti : les usagers repartis sans avoir été reçus n'y figureraient pas. Le délai moyen d'obtention d'un rendez-vous serait de 9 jours, et de 19 jours pendant la période déclarative. Le taux de rendez-vous non honorés atteindrait 14 %. Le taux de demandes traitées au premier contact, tous canaux confondus, serait de 64 %. Il s'établirait à 78 % pour les contacts précédés d'une prise de rendez-vous et à 41 % pour les autres. Le nombre de recours hiérarchiques enregistrés aurait progressé de 8 % sur la période, tandis que le nombre de réclamations aurait diminué de 5 %. Le service de pilotage précise qu'il ne dispose d'aucune mesure des démarches abandonnées en cours de route, aucun outil ne permettant aujourd'hui de les dénombrer. Enfin, 31 % des visites sans rendez-vous auraient donné lieu à une orientation vers un autre canal ou vers un créneau ultérieur, sans traitement de la demande le jour même. Cette proportion serait de 46 % pour les usagers se présentant pour la première fois, et de 9 % pour ceux ayant déjà un dossier suivi par le service. Le nombre d'agents affectés à l'accueil, tous canaux confondus, aurait diminué de 12 % sur la période.

3Article de presse spécialisée

« Le rendez-vous, progrès pour les uns, mur pour les autres »

L'article part d'un constat qu'il ne conteste pas : la réception sur rendez-vous améliore réellement la qualité du contact. L'agent prépare le dossier, dispose du temps nécessaire, et l'usager n'attend pas. Les enquêtes de satisfaction menées auprès de ceux qui obtiennent un créneau sont, écrit l'auteur, « sans ambiguïté favorables ». Il soutient pourtant que cette mesure ne dit pas ce qu'elle paraît dire, et il avance trois arguments. Le premier tient à la population mesurée. Une enquête administrée à la sortie d'un rendez-vous n'interroge que des usagers qui ont su prendre rendez-vous, ont pu attendre le créneau obtenu et se sont déplacés le jour dit. Ceux qui ont renoncé en cours de route n'apparaissent nulle part. « On mesure la satisfaction de ceux qui sont passés, pas l'accès de ceux qui n'ont pas pu passer. » Le deuxième tient à la nature de la demande. L'auteur distingue les démarches prévisibles, qui se préparent et s'accommodent d'un créneau, et les demandes nées d'un événement : un avis reçu qu'on ne comprend pas, une mise en demeure, une échéance qui tombe la semaine suivante. Pour ces dernières, un délai d'obtention de rendez-vous de plusieurs jours n'est pas un inconfort mais un obstacle, parce que la demande a une date limite que le service ne fixe pas. Le troisième tient à l'effet de report. L'article observe que l'usager éconduit au guichet ne disparaît pas : il appelle, il écrit, il revient. La baisse de la fréquentation physique se paie donc, au moins en partie, par une hausse de la charge sur les autres canaux, et le gain net est bien plus faible que ne le suggère la comparaison des seules visites. L'auteur ajoute que ce report est socialement inégal : il pèse d'abord sur ceux qui n'ont ni le temps, ni les codes, ni l'équipement pour emprunter les canaux de substitution. L'article ne conclut pas au retour du guichet ouvert en permanence, formule dont il rappelle qu'elle produisait des files d'attente et des entretiens expédiés. Il plaide pour une articulation explicite : le rendez-vous comme mode d'organisation de la majorité des démarches, et une capacité d'accueil immédiat maintenue et dimensionnée pour les situations qui ne souffrent pas l'attente. Et il avertit : « un service qui ne mesure que ceux qu'il reçoit finira par ne plus voir ceux qu'il perd. »

4Rapport d'évaluation

Extrait du rapport d'évaluation de l'Observatoire de la relation de service sur la confiance entre l'administration et les usagers

Le rapport examine les dispositifs qui organisent le traitement de l'erreur de l'usager, et l'effet qu'ils produisent sur la relation de service. Il rappelle d'abord ce que ces dispositifs ont changé. Le droit à l'erreur pose que la personne qui a méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation, ou qui a commis une erreur matérielle en renseignant sa situation, ne peut être sanctionnée si elle régularise, de sa propre initiative ou après y avoir été invitée par l'administration dans le délai indiqué, dès lors qu'elle est de bonne foi. Le rapport souligne deux traits décisifs : la bonne foi est présumée, et c'est à l'administration qu'il revient d'établir le contraire ; le dispositif ne couvre pas l'obligation elle-même, qui reste due, mais la sanction qui l'assortit. Il relève aussi que le législateur a exclu du dispositif certaines matières, notamment les sanctions requises par le droit de l'Union européenne et celles qui répriment une atteinte à la santé publique, à la sécurité des personnes et des biens ou à l'environnement. Le rapport décrit ensuite les dispositifs de régularisation proprement fiscaux, qu'il présente comme la traduction chiffrée du même principe. L'usager qui dépose spontanément une déclaration rectificative voit l'intérêt de retard réduit de moitié. Celui qui régularise en cours de contrôle, avant toute proposition de rectification, bénéficie d'une réduction de 30 % de ce même intérêt. Le rapport insiste sur la logique de gradation : plus la démarche est précoce et volontaire, plus l'avantage est important, et c'est cette gradation qui donne au dispositif sa valeur incitative. Il mentionne enfin deux garanties voisines. Le droit au contrôle permet à une personne de demander elle-même à être contrôlée, les conclusions expresses lui devenant opposables : l'inspection cesse alors d'être une menace pour devenir un moyen de sécuriser sa situation. Le rescrit permet d'obtenir de l'administration une prise de position formelle sur l'appréciation d'une situation de fait, qui engage ensuite le service. Le rapport formule trois limites. La première est la connaissance. Un droit que l'usager ignore ne produit aucun effet, et le rapport estime que la notoriété de ces dispositifs reste faible chez les particuliers et chez les très petites entreprises, c'est-à-dire précisément chez ceux qui n'ont pas de conseil. La deuxième est la frontière. Distinguer l'erreur de bonne foi du manquement délibéré suppose une appréciation, et le rapport observe que cette appréciation, laissée au service, produit des écarts de traitement entre situations comparables. Il recommande un cadrage documenté des critères plutôt qu'un durcissement ou un assouplissement général. La troisième est l'asymétrie. Le rapport note que ces dispositifs profitent davantage à l'usager accompagné, qui sait les invoquer et les documenter, qu'à l'usager isolé. Il conclut que le droit à l'erreur ne vaut pleinement que s'il est accompagné d'une obligation d'information effective au moment où l'erreur est détectée, à défaut de quoi il reste un droit pour ceux qui savent déjà.

5Fiche technique interne

Fiche de procédure à l'usage des services : ce que l'usager peut exiger, et ce que le service doit lui indiquer

La présente fiche récapitule les garanties dont dispose l'usager. Elles sont d'application directe : elles ne dépendent ni du canal choisi ni des engagements de service que la direction se fixe par ailleurs. Identification. Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administrative de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne. Une réponse anonyme n'est pas conforme, sauf lorsque des motifs tenant à la sécurité publique ou à la sécurité des personnes le justifient. Accusé de réception. Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception, qui indique notamment la date de réception et le délai au terme duquel une décision implicite peut naître. L'accusé de réception n'est pas une réponse : il ouvre le délai, il ne le clôt pas. Saisine par voie électronique. L'usager a le droit de saisir l'administration par voie électronique, et le service ne peut exiger un envoi papier lorsque la voie électronique est ouverte pour la démarche concernée. Droit à l'erreur. L'usager qui a méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation, ou commis une erreur matérielle en renseignant sa situation, ne peut être sanctionné s'il régularise de sa propre initiative, ou après y avoir été invité par l'administration dans le délai indiqué, dès lors qu'il est de bonne foi. La bonne foi est présumée : c'est au service d'établir la mauvaise foi, jamais à l'usager de prouver la sienne. L'obligation reste due ; c'est la sanction qui tombe. Certaines matières sont exclues du dispositif par la loi. Droit au contrôle. Toute personne peut demander à faire l'objet d'un contrôle sur l'application à sa situation d'une règle donnée. Les conclusions expresses de ce contrôle lui sont opposables, et le service ne peut ensuite revenir dessus pour la période et les points examinés, sauf changement de circonstances. Prise de position formelle. L'usager peut demander à l'administration de prendre formellement position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal. Cette prise de position engage le service. Plus largement, l'interprétation d'un texte formellement admise par l'administration lui est opposable : un redressement ne peut être fondé sur une interprétation contraire à celle qui était publiée. Régularisation. Le dépôt spontané d'une déclaration rectificative par un usager de bonne foi ouvre droit à une réduction de moitié de l'intérêt de retard. La régularisation demandée en cours de contrôle, avant proposition de rectification, ouvre droit à une réduction de 30 % de ce même intérêt. Ces réductions portent sur l'intérêt de retard, non sur les droits, qui restent dus en totalité. Voies de recours. Toute réponse défavorable doit indiquer les voies et délais de recours. L'usager peut saisir le supérieur hiérarchique de l'agent, puis, s'il n'obtient pas satisfaction, le médiateur du ministère, dont la saisine suppose une démarche préalable auprès du service. Ces voies sont cumulatives dans l'ordre et ne privent l'usager d'aucun recours contentieux. Rappel d'ordre général : ces garanties n'ont d'effet que si l'usager en est informé. Le service qui détecte une erreur doit indiquer à l'usager la possibilité de régulariser et les conséquences attachées à chaque voie. Une information tardive vide la garantie de son objet.

6Témoignage (document partiellement secondaire)

Propos recueillis auprès de la responsable du centre de contact téléphonique départemental

La responsable décrit un centre dont l'activité a changé de nature plus que de volume. « On répond mieux, et on répond plus longtemps. » Elle explique que les appels simples, ceux qui portaient sur une date ou un montant, ont largement disparu, traités par l'espace personnel de l'usager. Restent les appels difficiles : ceux de personnes qui n'ont pas compris un courrier, qui ont déjà essayé autre chose, ou qui arrivent après une démarche interrompue. Elle relie explicitement cette évolution à l'organisation de l'accueil physique. Une part notable des appels qu'elle reçoit, dit-elle, proviennent d'usagers qui se sont présentés dans un site et sont repartis sans avoir été reçus, ou qui ont obtenu un rendez-vous jugé trop lointain au regard de leur échéance. « Ceux-là, ils ne disparaissent pas des statistiques d'accueil, ils réapparaissent dans les miennes. » Elle estime que ces appels sont en moyenne deux fois plus longs que les autres, parce qu'il faut d'abord défaire ce qui a été mal compris avant de traiter la question posée. Elle nuance toutefois. Elle juge la prise de rendez-vous globalement favorable, y compris pour son propre service : les usagers qui appellent après avoir obtenu un créneau posent des questions mieux formulées, et les appels de relance ont diminué. Elle refuse, dit-elle, « la lecture qui consisterait à dire que le rendez-vous a cassé quelque chose ». Elle mentionne aussi ce que les indicateurs ne voient pas. Le taux d'appels aboutis, précise-t-elle, compte les appels décrochés, pas les appels résolus : un appel transféré trois fois est compté comme abouti. Elle souligne également que les usagers qui renoncent après deux tentatives ne figurent dans aucun compteur. Elle évoque enfin, plus brièvement, des sujets internes : l'amplitude horaire du centre, la formation des agents nouvellement affectés, la rotation des effectifs et l'ergonomie de l'outil de suivi des contacts, qu'elle juge perfectible. Elle conclut sans trancher : « Le rendez-vous a amélioré ce qu'on voit. La question, c'est de savoir ce qu'on ne voit plus. »

Le corrigé-type

Le fil des questions, puis une réponse rédigée par question et ce que le jury y attend.

À vous de jouer

Avant de lire le corrigé, lancez-vous : posez votre problématique, votre plan, puis rédigez. Tentez aussi l'avis argumenté. On n'apprend la note de synthèse qu'en la produisant — le corrigé n'a de valeur que confronté à votre propre essai.

Ce que le jury valorise

Les réflexes qui font la différence le jour J.

Format : ce n'est pas une note de synthèse

L'épreuve n° 1 du concours externe de contrôleur (catégorie B) consiste, selon l'arrêté du 19 mai 2011 modifié par l'arrêté du 1er juillet 2024, à « répondre à des questions, à partir d'un dossier documentaire », l'une d'elles conduisant à un avis argumenté ; le dossier ne peut excéder vingt pages et l'épreuve dure trois heures pour un coefficient 4. Vous ne rédigez donc pas un texte continu. L'épreuve de l'inspecteur (catégorie A) est différente : quatre heures, coefficient 5, dossier de vingt-cinq pages au plus, et une note de synthèse suivie d'une question appelant une proposition ou un avis argumenté. Réviser le mauvais format est l'erreur la plus coûteuse de la préparation.

Une réponse par question, et rien de plus

Chaque réponse commence par « Réponse à la question n » et se suffit à elle-même. Le correcteur attribue les points question par question : une réponse qui déborde sur la suivante, ou qui fond plusieurs questions en un développement unique, empêche l'attribution des points même lorsque le contenu est juste. Ne traitez pas deux fois le même élément : la répétition ne rapporte rien et consomme du temps.

Répondre exactement à la question posée

La question 4 demande si le document 6 confirme, nuance ou contredit le document 2. La réponse du corrigé répond aux trois termes, dans l'ordre, parce que le témoignage fait les trois. Un candidat qui n'en retient qu'un perd des points non parce qu'il se trompe, mais parce qu'il n'a pas traité la question dans son étendue. Relisez l'énoncé après avoir rédigé : il contient presque toujours le plan de la réponse.

Attaquer un indicateur avec un document

La réponse à la question 4 utilise le témoignage pour établir que le taux d'appels aboutis ne mesure pas ce que le programme d'engagements prétend mesurer (Doc 6 contre Doc 1 et Doc 2). Ce type de rapprochement, qui met un document en contradiction avec un autre, est exactement ce qu'une épreuve d'analyse de dossier valorise : il prouve que vous ne prenez pas les chiffres pour des faits bruts.

Traçabilité : chaque affirmation renvoie à son document

Toutes les réponses citent le document d'où l'information est tirée, sous la forme (Doc 2). Dans une épreuve fondée sur un dossier, la traçabilité est un critère de notation, parce qu'elle prouve que vous n'avez pas ajouté de connaissance extérieure là où la commande l'interdit.

Conditionnel sur les données du dossier

Les chiffres du document 2 sont restitués au conditionnel (« serait », « s'établirait »), parce qu'ils proviennent d'un document du dossier et non d'une vérification que vous auriez faite. Cette prudence de forme est attendue partout sauf dans l'avis argumenté, où vous assumez votre position au présent de l'indicatif.

Hiérarchisation : savoir écarter

La réponse à la question 4 écarte explicitement le volet interne du témoignage (amplitude horaire, formation, rotation des effectifs, ergonomie de l'outil). Écarter en le disant vaut mieux que passer sous silence : cela montre au correcteur que vous avez lu le passage et jugé qu'il était périphérique.

Ce que vous n'avez pas à savoir

Aucune connaissance extérieure n'est requise pour les questions 1 à 4 : tout ce qui est nécessaire, y compris les règles de droit, figure dans les documents 4 et 5. Si vous connaissez par ailleurs le droit à l'erreur ou le rescrit, ne les utilisez pas pour compléter le dossier : le correcteur évalue votre lecture, et une information exacte mais absente du dossier est hors sujet. La question 5 est la seule exception, et le corrigé ci-dessus signale explicitement le moment où il s'écarte du dossier.

Gestion des trois heures

Le barème est votre plan de charge. Sur trois heures, comptez environ quarante minutes de lecture des questions puis du dossier annoté, puis un temps par question proportionnel à son poids : une dizaine de minutes pour la question 1 (3 points), un quart d'heure pour les questions 2 et 4, une vingtaine de minutes pour la question 3, et un bloc dédié d'environ trente minutes pour l'avis argumenté. Gardez dix minutes de relecture : dans une production morcelée, une réponse oubliée coûte tous ses points.

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